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Antoine Izambard : – Quand vous avez été contacté par Zygot’o design, comment avez-vous réagi : méfiance, surprise, satisfaction qu’on ait pensé à vous ?

Claude Burdin : – Un premier contact par mail, lu avec un peu d’étonnement, mais suivi d’échanges autour de l’idée d’une collaboration sur la lampe Modul’o 5 ont permis de m’engager dans ce projet. De toute évidence, c’est par mon site cburdin.eu que Zygot’o design a pris connaissance de mon travail.

AI : – Vous avez, ensuite, décidé de participé à l’opération “Lampes d’Artistes” de Zygot’o design, pourquoi ? Quelles ont été, alors, vos motivations ? 

CB : – La recherche sur la représentation de la danse m’a conduit à créer « Gum », un personnage composé sur la base modulaire de « l’Homme de Vitruve ». A partir de la position statique du dessin de Léonard, la mise en mouvement du danseur devenait réalisable et reproductible sur différents supports.

Claude Burdin2 Danceurs de Claude Burdin

 

AI : – Dans votre parcours d’artiste, avez-vous déjà travaillé avec un architecte, un designer ou un artisan d’art ?

CB : – Non, mais l’opportunité m’en a été donnée avec ce projet. Par ailleurs, je recherche un financement pour la réalisation d’une sculpture en métal de grandes dimensions, environ 4 m de hauteur, composée de plusieurs danseurs et réalisable en tube carré cintré par une entreprise partenaire de Savoie. 

AI : – En quoi ce type d’intervention plastique, pratiquée sur un objet manufacturé, diffère-t-elle de votre pratique habituelle ?

CB : – L’acte artistique, en dessin, peinture ou sculpture, est synonyme pour moi d’unicité de l’œuvre. Cependant, la composition de silhouettes de danseurs que l’on trouve sur la « lampe d’artiste » s’inscrit dans le prolongement de dessins sous forme de série, comme « Grande Parade » qui regroupe des centaines de silhouettes sur de grands formats (70 x 100 cm).

AI : – N’avez-vous pas craint d’y perdre un peu votre “âme” de créateur en travaillant sur ce support ?

CB : – Bien au contraire. Le dessin de ce personnage dansant est destiné à être apposé sur tout support et à toute échelle, comme décrit lors du dépôt de modèle auprès de l’INPI.

AI : – Votre art peut-il être “décoratif” ou est-ce antinomique avec votre travail ?

CB : – Ma collaboration sur ce projet entre dans la dimension « décorative » de mes interventions. Mon activité de plasticien me permet de diversifier les productions et je développe actuellement le concept de « transversale créative » qui ouvre des possibilités multiples. C’est ainsi que par exemple, lors d’une collaboration avec une école de musique, les rouleaux de dessins de danseurs ont servi de partition aux élèves… qui ont produit des séquences musicales savoureuses. Autre exemple de collaboration avec des danseurs de Hip-hop dont les T-shirts sont ornés de silhouettes…

J’ai envie de dire : confiez-moi vos supports !

AI : – Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées, conceptuelles, pratiques ?

CB : – La partie la plus délicate a concerné la mise en œuvre. Une recherche a été nécessaire pour la mise au point du processus d’application de la peinture. Le choix s’est finalement porté sur un fond travaillé en bichromie à la peinture acrylique. Sur ce support d’aspect minéral a été appliquée une composition graphique originale réalisée à la peinture à l’huile. Un vernis protège l’ensemble.

AI : – Une édition de multiples, par reproduction mécanique, est-elle envisageable pour vous ?

CB : – Tout à fait. Une phase d’étude préalable (faisabilité, calcul de coût) serait un passage obligé avant une mise en fabrication, peut-être en utilisant une technique comme la sérigraphie.

AI : – Si c’était à refaire, seriez-vous toujours partant ?

CB : – Oui

Propos recueillis par Antoine Izambard

 

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